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Info Prévention Santé : Usage de drogues : prévention et réduction des risques

31 Juil

Bon à savoir

 

Les usages de substances psychoactives concernent la quasi-totalité de la population et prennent des formes variées selon les produits, les contextes et les parcours de vie. Ils sont multiples et évolutifs et ne conduisent pas systématiquement à une dépendance. En Région bruxelloise, les fortes inégalités sociales, la diversité des publics et la concentration de situations de précarité renforcent certains risques et rendent indispensable une approche globale, coordonnée et adaptée aux réalités du territoire pour créer ou renforcer des facteurs de protection face à ces risques.

 

Pour répondre à cet enjeu, l’accompagnement des personnes en matière d’usages de drogues s’inscrit dans un continuum d’interventions articulant prévention et promotion de la santé, réduction des risques (RDR) et soins. Ces approches sont complémentaires : elles répondent à des réalités, des besoins et des moments différents dans les parcours de vie des personnes. Cette info prévention se focalisera sur la prévention et la RDR.

 

La prévention est une démarche globale qui vise à outiller l’ensemble des individus et des communautés à améliorer leur environnement, non pas en se limitant à interdire les substances, mais en développant leur capacité à faire des choix éclairés, à renforcer leurs compétences psychosociales et à réduire les risques et dommages éventuels. Elle s’inscrit dans une démarche de promotion de la santé en agissant sur le renforcement des liens sociaux (lutte contre le harcèlement, renforcement du sentiment d’appartenance, …) et en favorisant des environnements accueillants, sécurisants et non stigmatisants tant sur le plan institutionnel qu’humain. Les écoles, services sociaux et de santé, maisons de jeunes, lieux d’hébergement ou encore les espaces publics constituent autant de contextes où celle-ci peut se construire. Contrairement à la RDR, la prévention s’adresse à tout le monde, qu’il y ait consommation ou non.

 

En Belgique, la stratégie interfédérale en matière d’assuétudes reconnaît la réduction des risques (RDR) comme l’un des piliers de l’action publique. Développée en Europe à partir des années 1980, notamment dans le contexte de l’épidémie de VIH, elle vise à prévenir ou limiter les conséquences sanitaires, psychologiques et sociales liées aux consommations de substances psychoactives — qu’elles soient légales (alcool, médicaments, …) ou illégales.1, 2 La RDR s’adresse à toutes les personnes usagères de drogues, en situation de dépendance ou non. Elle ne suppose ni l’arrêt de la consommation ni un projet d’abstinence. Elle repose sur le principe que chaque risque réduit est un bénéfice, même lorsque la consommation persiste. Cette approche permet de maintenir le lien avec les personnes, de renforcer leur pouvoir d’agir et de favoriser l’accès aux soins, au logement, aux droits sociaux ou à d’autres formes d’accompagnement.

 

Inégalités sociales de santé et publics prioritaires

 

Les consommations et les dommages (sanitaires, psychologiques et sociaux) qui y sont associés sont fortement influencés par les déterminants sociaux de la santé, tels que les conditions de vie, les ressources économiques, les discriminations ou l’accès aux soins. Certaines populations, notamment les personnes en situation de précarité, sans logement, détenues ou sortant de prison, présentant un trouble de santé mentale, migrantes, travailleur·euses du sexe, ainsi que certains jeunes et minorités de genre et sexuelles, sont davantage exposées à ces risques.

 

Risques particuliers en matière de consommation de drogues : soumission chimique et vulnérabilité chimique

 

La soumission chimique désigne l’administration d’une substance psychoactive à une personne à son insu ou sous la contrainte, dans le but d’altérer sa vigilance ou sa capacité à consentir, notamment en vue de commettre une agression. La vulnérabilité chimique correspond à une consommation volontaire de substances qui accroît l’exposition à des risques tels que les violences, les accidents ou les rapports sexuels non consentis.
Dans les cas de violences sexuelles, ces crimes et délits sont avant tout commis par des hommes contre des femmes.

 

Faciliter l’accès aux ressources et aux soins

 

Certains dispositifs de prévention, de RDR et de soins sont rendus plus accessibles :

– Les traitements de substitution (méthadone, burprénorphine) sont remboursés sous certaines conditions par l’assurance obligatoire ;
– Du matériel stérile d’injection et/ou d’inhalation est disponible gratuitement dans 11 comptoirs d’échange en Région bruxelloise et en kit Stérifix pour 0.50€ dans certaines pharmacies. DAMSI² – Modus Vivendi
L’analyse de produits psychotropes ou TRIP (Testing Rapide et Itinérant de Psychotropes) est disponible gratuitement et anonymement auprès de l’association Modus Vivendi ou dans les salles de consommation à moindre risque. TRIP – Modus Vivendi
– Les dépistages prescrits par un·e médecin (VIH, hépatites, IST, etc.) sont remboursés selon les règles habituelles de l’assurance maladie, avec une intervention de la mutualité. Des dépistages gratuits et/ou anonymes sont possibles dans des centres de référence VIH/ST, dans centres de planning familial et des associations spécialisées. A noter que les dépistages sont utiles en cas de prise de risque sexuel ainsi pour certaines méthodes de consommation de drogues. Où se faire dépister ? – depistage.be

 

Points d’attention pour les professionnel·les

 

  • Prendre en compte l’ensemble de la situation de vie : Les usages de substances s’inscrivent souvent dans des contextes de précarité, de violences, d’isolement ou de troubles psychiques. Agir sur la consommation implique aussi de soutenir l’accès aux droits, au logement, aux soins et aux ressources sociales.
  • Adopter une posture non jugeante : Une personne ne se résume pas à sa consommation. Une attitude d’écoute et de respect favorise la confiance et le maintien du lien, essentiels pour prévenir une aggravation des difficultés. Ainsi, la consommation ne devrait pas constituer un critère d’exclusion d’un service généraliste.
  • Valoriser le pouvoir d’agir des personnes : La RDR et la prévention se construisent avec la personne, en soutenant les changements qu’elle juge possibles, même modestes. Chaque évolution peut contribuer à réduire les risques : modifier un mode d’administration, éviter certaines associations de produits, mieux gérer les contextes d’usage, mieux accompagner la personne là où elle se trouve avec ses objectifs de mieux-être (lien social, logement, santé somatique, …) ou renforcer ses ressources personnelles.
  • Travailler en réseau : Les situations d’usage de substances peuvent être complexes et nécessitent dès lors des réponses pluridisciplinaires. En Région bruxelloise, de nombreux services spécialisés peuvent soutenir les professionnel·les de première ligne. Le travail en réseau permet d’offrir un accompagnement plus cohérent et adapté aux besoins.
  • Se former et s’informer : Développer des compétences en matière d’écoute non jugeante, d’identification des facteurs de risques et des ressources déjà disponibles, connaître les approches et les stratégies efficaces en promotion de la santé, etc…