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Échos de la concertation Prévention et Promotion de la santé – 2 avril 2026
06 Juil
Le 2 avril 2026, 16 professionnel·les du social-santé du Bassin Sud-Est se sont réuni·es dans le cadre de la Concertation thématique Prévention et Promotion de la santé.
Cette rencontre avait pour but de parler des tabous qui peuvent exister lorsque l’on évoque avec les bénéficiaires les questions d’alimentation : que ce soit pour mettre en place une aide alimentaire, ou pour encourager les bénéficiaires à modifier leurs habitudes alimentaires. Vous trouverez ici le support de présentation.
Les discussions se sont articulées autour de deux axes : l’ouverture du dialogue sur l’aide alimentaire et le travail sur les habitudes alimentaires dans une perspective de promotion de la santé.
Premier axe : Ouvrir la parole autour de l’aide alimentaire
Les participant·es ont d’abord pu profiter de l’éclairage de Brigitte Grisar (Fédération des services sociaux), qui a permis à recontextualiser le secteur de l’aide alimentaire : de quel financement et approvisionnement dispose-t-il ? Quel est le public qui bénéficie de l’aide alimentaire ? Quelles en sont les conditions d’accès ?
Globalement, le secteur de l’aide alimentaire est en difficulté : les professionnel·les constatent une augmentation de la demande, notamment parmi les travailleurs précaires et les étudiant·es, alors même que les ressources disponibles diminuent suite à la réduction des financements et à la raréfaction des invendus.
Dans ce contexte difficile, l’accès à l’aide alimentaire s’apparente souvent à un parcours du combattant. Les services sont saturés et mettent en place de multiples critères d’accès. Le·la bénéficiaire se retrouve à devoir « prouver » sa précarité, ce qui représente un processus particulièrement humiliant. Les dispositifs existants peuvent également eux-mêmes générer des effets négatifs, notamment en termes de qualité des produits proposés ou de sentiment de stigmatisation. Dès lors, les professionnel·les peuvent en arriver à s’interroger sur la pertinence de promouvoir ces aides auprès des personnes qu’ils·elles accompagnent.
Il semble donc d’autant plus important de soigner le moment de l’accueil, et de développer des pratiques favorisant un dialogue bienveillant. Cela passe notamment par une posture d’écoute active, la reconnaissance des difficultés et de la honte vécues par les bénéficiaires et la construction d’une relation de confiance. Il faut aussi pouvoir évoquer avec le bénéficiaire la possibilité qu’il n’ait pas accès à une aide alimentaire, afin qu’il puisse anticiper d’autres pistes de solution.
En parallèle, plusieurs pistes ont été évoquées par les professionnel·les présent·es, telles que la diversification des formes d’aide alimentaire ou encore le développement d’initiatives favorisant le lien social, comme les ateliers cuisine ou les espaces collectifs, qui permettent d’aborder l’alimentation de manière moins stigmatisante.
Deuxième axe : Ouvrir la parole sur les habitudes alimentaires, dans un but de promotion de l’alimentation saine.
Quelles bonnes pratiques peut-on mettre en place afin de de travailler avec les bénéficiaires sur leurs habitudes alimentaires, dans le respect de ces dernier·es et de leur culture ?
Dans le cadre de cette discussion, Sébastien Kennes (Rencontre des Continents), a présenté différents outils pour travailler sur les habitudes alimentaires. Ceux-ci prennent le soin d’envisager l’alimentation dans une dimension plus globale, intégrant à la fois des enjeux de santé, d’écologie, de culture et de société.
Par ailleurs, la discussion entre professionnel·les a permis de mettre en avant une série de « bonnes » et « mauvaises » pratiques pour encourager la modification d’habitudes alimentaires chez les usager·es.
Les participant·es ont souligné les limites des approches injonctives, souvent perçues comme culpabilisantes. L’infantilisation, le jugement des habitudes, et la non-prise en compte des spécificités culturelles ont également été citées comme étant des approches peu efficaces.
À l’inverse, une posture professionnelle basée sur l’écoute, le respect des réalités culturelles et l’adaptation aux besoins des personnes apparaît plus pertinente. Il s’agit ainsi de partir des pratiques existantes des bénéficiaires et de proposer des ajustements progressifs, en tenant compte de leurs contraintes et de leurs préférences.
Les professionnel·les ont également souligné l’importance de connaître les limites de leur fonction : ce n’est parfois pas leur rôle d’éduquer les bénéficiaires en matière d’habitudes alimentaires. En revanche, il est important que les professionnel·les puissent être outillé·es et se constituer un réseau afin de pouvoir les réorienter correctement.
Save the date
La prochaine rencontre portera sur la question de l’usage des réseaux sociaux chez les jeunes.
Cette première rencontre sur ce sujet aura pour but de cerner les besoins et préoccupations qui émanent du terrain afin de construire ensemble un discours commun et des actions collectives de sensibilisation.
Elle aura lieu le 10 septembre 2026, au GC Op Weule (91, Rue Saint-Lambert, 1200 Woluwe-Saint-Lambert). Pour vous inscrire, c’est ici !