Actualité

Échos de la concertation Prévention et Promotion de la santé – 18 novembre 2025

15 Jan

Le 18 novembre 2025, onze professionnel·les du social-santé du Bassin Sud-Est se sont réuni·es dans le cadre de la Concertation thématique Prévention et Promotion de la santé.
Cette rencontre était consacrée aux enjeux liés à l’accès à une alimentation saine et suffisante. Vous trouverez ici le support de présentation.

Ce travail autour de la question de l’accès à l’alimentation s’inscrit dans la continuité du travail réalisé par l’appui scientifique de Brusano : « Ce que dit la littérature scientifique sur… l’insécurité alimentaire en lien avec le social-santé ». Cette publication fait notamment la distinction entre insécurité alimentaire modérée, marquée par « un accès irrégulier à la nourriture et des comportements alimentaires déséquilibrés », et l’insécurité alimentaire sévère s’apparentant davantage à des épisodes de famines plus caractéristiques des pays à faibles revenus. C’est autour de la question de l’insécurité alimentaire modérée que s’est porté le travail effectué lors de la concertation thématique. 

 

Identification des freins à l’accès à l’alimentation suffisante 

 

Les échanges ont mis en évidence que les difficultés liées à l’alimentation dépassent largement la seule question des revenus. En effet, plusieurs autres freins, notamment d’ordre symbolique compliquent l’accès des familles à une alimentation suffisante. 

 

Tout d’abord, les participant·es ont évoqué la question des contraintes temporelles et matérielles qui pèsent sur les personnes précaires : celles-ci manquent souvent de temps, d’espace et d’équipement pour pouvoir cuisiner un repas complet.  

 

Les enjeux autour de la mobilité furent également évoqués : certains publics comme les personnes âgées ou en situation de handicap peuvent éprouver des difficultés à faire leurs courses, mais également à avoir accès aux lieux dédiés à l’aide alimentaire. La situation peut devenir particulièrement préoccupante pour des personnes âgées isolées, qui ne disposent pas de relais dans leur entourage. 

 

La façon dont est organisée l’aide alimentaire peut elle-même constituer un obstacle : les professionnel·les évoquent la complexité d’accès à celle-ci pour leurs bénéficiaires. En effet, à cause de la saturation des services d’aide alimentaire, ceux-ci doivent mettre en place des critères d’accès (files, attestations du CPAS, horaires restreints, etc.) qui bloquent l’accès de certaines familles à ces services. L’enjeu autour de la fracture numérique se ressent encore ici, puisque ces informations se trouvent bien souvent en ligne. 

 

Les professionnel·es mettent en garde face au risque de double exclusion de certains publics, qui sont déjà exclus d’autres services. Certaines personnes ne rentrent dans aucune condition d’accès, et restent donc sans solution. 

 

Enfin, l’aide alimentaire peut elle-même être vécue comme une violence symbolique qui fait s’installer un sentiment de honte chez les bénéficiaires. Certains vivent difficilement le fait de recevoir des colis alimentaires insuffisants, non-adaptés à leur culture, ou contenant des produits périmés. 

 

Identification de freins à l’accès à une alimentation saine 

 

La discussion a porté essentiellement sur l’accès à une alimentation suffisante, qui visiblement reste un enjeu important dans le Bassin Sud-Est. Quelques échanges ont cependant porté sur la question spécifique de l’accès à une alimentation saine.  

 

Plusieurs participant·es ont souligné que certaines familles sont dans une logique “d’alimentation de survie”, avec peu de marge possible pour une alimentation équilibrée. De plus, l’alimentation comporte une dimension culturelle : les habitudes alimentaires des familles sont parfois éloignées des recommandations en matière de santé. L’enjeu pour les professionnel·les est alors d’accompagner vers un changement d’habitudes, ce qui peut être difficile à mettre en place. 

 

Echange autour des ressources d’aide alimentaire existantes sur le bassin 

 

Les professionnel·les présent·es ont eu l’occasion d’échanger autour des ressources d’aide alimentaires existantes sur le Bassin Sud-Est : vers qui ont-ils déjà orienté ? Quelle est leur expérience avec tel ou tel service ? Quelles sont les situations pour lesquelles ils ne trouvent pas de relais ? Les participant·es ont reçu un répertoire des structures d’aide alimentaire existant dans le bassin

 

Globalement, il y a un manque de ressources proposant un accès inconditionnel : beaucoup de services demandent des attestations qui ne sont pas toujours faciles à obtenir pour les bénéficiaires. Les services proposés peuvent être également éloignés des publics ou avoir des horaires qui ne sont pas compatibles avec les besoins des personnes.  

 

Certaines « bonnes pratiques » sont soulignées par les participant·es. Ils et elles insistent tout d’abord sur l’importance de la convivialité de l’accueil. Les services d’aide alimentaire sont souvent des lieux où les bénéficiaires se sentent stigmatisé·es. 

La dimension du choix est également importante pour les bénéficiaires : dans les colis alimentaires ceux-ci se retrouvent souvent avec des produits qu’ils et elles n’utilisent pas, et qui ne correspondent pas à leurs habitudes ni à leurs besoins.  

 

Les professionnel·les soulignent également que mettre un prix même symbolique sur les produits permet aux familles de retrouver une certaine estime d’eux-mêmes, et de se sentir plus responsables. Les restaurants solidaires évoquent également la question de la gêne face au « prix libre » pratiqué par certains établissements : certaines personnes se sentent en effet plus rassuré·es face à un prix fixe. 

 

 

Echanges autour de l’outil d’animation « La santé, c’est aussi… » 

 

Les participant·es ont expérimenté un outil d’animation visant à faciliter le dialogue autour de l’alimentation et de la santé. 

 

Apports de l’outil 

    • Permet d’aborder l’alimentation de manière globale et non stigmatisante ; 
    • Utilisable en groupe ou en accompagnement individuel ; 
    • Favorise les échanges horizontaux et la prise de parole ; 
    • Met en lumière les dimensions sociales, temporelles, culturelles et politiques de l’alimentation. 

 

Les échanges ont souligné l’intérêt de multiplier ce type d’outils, tout en reconnaissant la difficulté à mobiliser certains publics. 

 

Présentation de projets et initiatives 

 

Plusieurs projets et initiatives ont été partagés, notamment : 

  • Le restaurant participatif « Kom à la maison » à Etterbeek ; 
  • ouverture prochaine d’un projet VRAC à Etterbeek ; 
  • organisation d’événements participatifs autour de l’alimentation ; 
  • réflexions en cours sur des ateliers cuisine, malgré une mobilisation parfois difficile. 

 

Perspectives de travail 

 

Cette concertation a permis de croiser les regards, de partager des constats de terrain convergents et d’identifier des pistes de réflexion pour améliorer l’accès à une alimentation digne et adaptée aux réalités des publics du Bassin Sud-Est. 

Les discussions très riches autour de la question de l’accueil des bénéficiaires de l’aide alimentaire seront prolongées lors de la prochaine réunion qui approfondira cette question : Comment assurer aux bénéficiaires de l’aide alimentaire une prise en charge qui correspond à leurs besoins et respecte la dignité de chacun ? 

 

Save the date  

Prochaine réunion le jeudi 2 avril de 10h à 13h (lunch-réseau à 13h), au 241 Avenue des Cerisiers.