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Synthèse de la rencontre « Périnatalité, parlons-en ! » du 2 mars 2026

01 Juin

La 5ème réunion « Périnatalité : parlons-en ! » a eu lieu le 2 mars et a réuni 18 professionnel·les du social-santé du Bassin Sud-Est.

Cette réunion avait trois objectifs : (1) d’échanger des pratiques entre profesionnel·les afin de créer la confiance et mieux détecter les vulnérabilités (2) d’identifier des formes de vulnérabilité nécessitant un renforcement du réseau pour un meilleur accompagnement des femmes et de leur famille et (3) de développer l’interconnaissance entre acteurs social/santé du Bassin Sud-Est.

 

1ère partie : Echanger des pratiques entre professionnel·les afin de créer la confiance et mieux détecter les vulnérabilités

 

Dans un premier temps, les échanges ont porté sur les pratiques favorisant un cadre d’accompagnement bienveillant et sécurisant.

Cet échange a démarré par la présentation de Donatienne Roels, sage-femme chez Naissantiel, que nous avons invité à venir présenter sa pratique, dans le cadre de la question suivante : « Comment créer un cadre de confiance lors de la consultation prénatale ? ». A Naissantiel, les parents ont accès à un suivi global et continu, avec la même sage-femme, ce qui permet de construire une relation de confiance avec les futurs parents.

Cette confiance repose sur plusieurs éléments : tout d’abord, l’adoption d’une posture professionnelle basée sur l’égalité, où le parent est mis au centre des choix. Le but est d’autonomiser les parents, et de les faire travailler sur la notion de consentement éclairé : aucun geste ne peut être posé sans leur consentement. Ce travail s’effectue tout au long de l’accompagnement, en demandant par exemple aux personnes enceintes avant de les toucher.

Un autre élément permettant de créer un cadre de confiance est le fait de prendre du temps : non seulement en multipliant les consultations prénatales, mais également en allongeant la durée consacrée à celles-ci. En prenant plus de temps, les moments de rencontre deviennent des moments de partage et pas seulement des moments d’échange d’informations.

Créer un cadre calme, serein est chaleureux est également essentiel pour créer la confiance avec les futurs parents. Ce travail autour de la création d’une ambiance passe par un aménagement de l’espace de consultation, mais aussi par une posture d’écoute active : être pleinement consacré·e à l’interaction, ne pas intervenir avant que l’autre ait fini de parler.

A partir des apports de Donatienne Roels, les participants ont été invités à partager les éléments de leur pratique qui les aide à construire un cadre de confiance avec leurs bénéficiaires :

  • Les professionnel·les ont insisté sur la nécessité de reconnaître les parents comme experts de leur propre situation, et d’adopter une posture d’accompagnement plutôt que de prescription.
  • Passer par des visites à domicile, permettant de rencontrer la personne dans un cadre où elle se sent à l’aise. Les visites à domicile permettent également de détecter plus facilement les vulnérabilités, et de mieux accompagner les bénéficiaires dans la multitude de leurs besoins.

Cependant, malgré ces pratiques, la détection des vulnérabilités reste complexe. Les échanges ont mis en évidence la diversité des situations rencontrées et la nécessité de mobiliser des réseaux d’acteurs complémentaires. Cette approche implique de travailler « à côté » des familles, en transparence avec celles-ci, en partant de leurs besoins et en construisant des réponses adaptées avec elles.

 

2ème partie : Identifier des formes de vulnérabilité nécessitant un renforcement du réseau pour un meilleur accompagnement des femmes et de leur famille

 

Dans un second temps, les participant·es ont identifié plusieurs formes de vulnérabilités nécessitant un renforcement du réseau :

  • Les problématiques de santé mentale : les professionnel·les se sentent souvent démuni·es, en raison du manque de ressources disponibles et de la saturation des services. La période post-partum est évoqué comme un moment particulièrement critique.
  • Les assuétudes : une fois le problème détecté, la prise en charge est difficile et tardive.
  • La précarité : les soins médicaux ne sont pas accessibles financièrement à toutes les familles
  • Publics à besoins spécifiques : peu de services disponibles et de personnel formé pour accompagner des publics à besoins spécifiques tels que les familles sans –papiers, les personnes ne parlant pas une langue nationale, ou les familles faisant face à une situation d’handicap.
  • Les violences intrafamiliales : les professionnel·les se sentent démunis, et peu formés face à ces situations souvent lourdes.
  • Le logement : l’accompagnement des personnes mal logées est toujours aussi difficile à Bruxelles, et étant donné la saturation, il y a peu de perspectives de solutions.

Nous avons ensuite procédé à un vote pour choisir les vulnérabilités à travailler lors de futures rencontres. Les vulnérabilités ayant suscité le plus de votes sont les violences intrafamiliales, puis la santé mentale. Nous consacrerons donc les futures rencontres “Périnatalité, parlons-en !” à un cycle sur la prise en charge des violences intrafamiliales.

 

3ème partie : Développer l’interconnaissance entre acteurs social/santé du Bassin Sud-Est.

 

Enfin, nous avons clôturé cette rencontre par le désormais traditionnel moment d’interconnaissance. Lors de chaque rencontre, nous invitons un service à venir se présenter pour favoriser la mise en réseau des acteurs du Bassin.

Lors de cette rencontre, c’est le Service d’Aide à la Jeunesse (SAJ) qui est venu se présenter. Quelques éléments à retenir de cette intervention :

  • Le SAJ est un acteur de deuxième ligne, qui intervient lorsque la première ligne a besoin d’un soutien renforcé.
  • Leur travail repose sur 3 missions : l’orientation, l’accompagnement, et l’évaluation des situations.
  • Toute personne qui vit ou a connaissance d’une situation de difficulté ou de danger d’un enfant peut prendre contact avec le SAJ.
  • Il s’agit d’une logique d’aide volontaire, travaillée en collaboration avec les familles et avec les acteurs de première ligne.
  • La prise en charge aboutit sur l’élaboration d’un programme d’aide comportant une série de mesures décidées pour un an maximum, pouvant être renouvelées.
  • Le délégué va alors régulièrement évaluer la mise en place des mesures, qui se fait toujours en accord avec les familles. Si la situation se dégrade, c’est le conseiller du SAJ qui propose la saisine du Juge de la Jeunesse.

 

Conclusion

Cette rencontre a permis de mettre en évidence l’importance d’un accompagnement bienveillant centré sur la relation, tout en soulignant la nécessité de renforcer les collaborations pour répondre à la complexité croissante des situations rencontrées en périnatalité.

La prochaine rencontre sera donc la première d’un cycle portant sur la prise en charge des violences intrafamiliales dans le contexte périnatal. Celle-ci aura lieu le 30 juin, de 12h à 14h30 à Op Weule, au 91 Rue Saint-Lambert, 1200 Woluwe-Saint-Lambert. Pour vous y inscrire, suivez ce lien.