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Retour sur la CT Liaison-ambulatoire du 22 septembre

05 Nov

Depuis un an, les rencontres de la Concertation thématique Liaison Ambulatoire-Hôpital (CT LAH) sont consacrées à l’accompagnement des personnes âgées isolées lors des transitions entre le domicile et l’hôpital. Les échanges ont notamment mis en évidence les difficultés liées à la transmission des informations médicales et sociales entre les différents services et professionnel·les impliqué·es dans leur accompagnement.

Dans ce contexte, les boîtes jaunes ont été présentées comme un outil permettant de centraliser les informations médicales essentielles concernant une personne et de les rendre facilement accessibles aux intervenant·es, en les conservant dans le réfrigérateur du domicile. Ce dispositif peut ainsi faciliter la prise en charge, tant lors d’une admission à l’hôpital que lors d’un retour à domicile. À ce jour, trois communes du Bassin Sud-Est — Auderghem, Etterbeek et Woluwe-Saint-Lambert — ont mis en place ce dispositif.

La rencontre de concertation du 22 septembre avait pour objectif de réfléchir aux moyens de renforcer la collaboration entre les secteurs hospitalier et ambulatoire afin d’améliorer la visibilité, l’utilisation et la pertinence des boîtes jaunes. Il s’agissait également d’identifier des pistes d’amélioration susceptibles de répondre aux besoins des personnes concernées et des professionnel·les qui les accompagnent.

 

Constats préalables

 

Actuellement, la mise en place des boîtes jaunes relève de l’initiative de chaque commune. Chacune organise le dispositif selon ses propres modalités, tant en ce qui concerne son financement que sa distribution.

Le contenu des boîtes jaunes et les modalités de mise à jour des informations peuvent également varier d’une commune à l’autre. Par ailleurs, chaque commune assure individuellement la communication autour du dispositif auprès des hôpitaux et des services de secours.

À notre connaissance, il n’existe pas de cartographie recensant les communes de la Région de Bruxelles-Capitale qui proposent ce dispositif. Ce manque de coordination et l’absence d’une approche commune en limitent la portée et l’efficacité.

Afin d’envisager une utilisation plus pertinente et efficace des boîtes jaunes, tant pour les professionnel·les des secteurs ambulatoire et hospitalier que pour les personnes bénéficiaires, les échanges se sont articulés autour de trois axes :

  • Comment mieux faire connaître les boîtes jaunes auprès des personnes âgées les plus vulnérables ?
  • Comment encourager leur utilisation par les différents acteurs hospitaliers et ambulatoires intervenant auprès des personnes âgées isolées ?
  • Quelles recommandations formuler concernant leur contenu afin de répondre au mieux aux besoins des bénéficiaires et des professionnel·les ?

 

1. Comment mieux faire connaître les boîtes jaunes auprès des personnes âgées les plus vulnérables ?

 

Les participant·es ont identifié plusieurs catégories d’acteurs susceptibles de jouer un rôle de relais dans la diffusion du dispositif auprès des personnes âgées :

    • Les services communaux : gardien·nes de la paix, guichets communaux, dispositif « Place à nos droits », mais également les services pouvant assurer un contact proactif avec les personnes âgées, à l’image du dispositif de « détection précoce » mis en place à Etterbeek.
    • Le réseau de proximité de la personne : entourage familial et amical, voisinage, restaurants sociaux, commerces de proximité, personnes âgées relais, lieux de liens, etc.
    • Les professionnel·les intervenant au domicile : kinésithérapeutes, infirmier·es, médecins, assistant·es sociaux·ales des logements sociaux, etc.
    • Les professionnel·les en contact avec les personnes âgées : médecins généralistes, pharmacien·nes, services de santé mentale (SSM), mutuelles, etc.

Ces différents acteurs constituent autant de relais potentiels pour faire connaître les boîtes jaunes et encourager leur utilisation.

Les participant·es ont également souligné l’intérêt de profiter de certains moments charnières pour sensibiliser les personnes âgées à l’existence du dispositif. Les sorties d’hospitalisation ou encore les interventions de la police au domicile ont notamment été évoquées comme des occasions pertinentes pour présenter les boîtes jaunes.

Enfin, une communication plus large pourrait être envisagée au moyen de campagnes de distribution toutes-boîtes, d’articles dans les journaux communaux ou encore d’informations diffusées lors d’événements organisés à destination des seniors.

 

2. Comment encourager l’utilisation des boîtes jaunes par les différents acteurs hospitaliers et ambulatoires intervenant auprès des personnes âgées isolées ?

 

Plusieurs pistes ont été proposées afin de favoriser l’appropriation du dispositif par les professionnel·les :

    • Identifier les professionnel·les susceptibles de recourir aux boîtes jaunes : médecins généralistes, aides à domicile, infirmier·es à domicile, professionnel·les hospitalier·ères (notamment des services sociaux et des urgences), services de santé mentale, assistant·es sociaux·ales, mutuelles, etc.
    • Identifier les espaces de rencontre et de concertation fréquentés par ces professionnel·les afin d’y présenter le dispositif et de leur transmettre les informations utiles à son utilisation.
    • Désigner une personne de référence pour chaque bénéficiaire, chargée de centraliser les informations et de faciliter leur actualisation.
    • Harmoniser le dispositif à différents niveaux : clarifier collectivement ses objectifs, uniformiser le contenu des boîtes, définir un protocole commun de mise à jour des informations, réfléchir à un point de distribution centralisé, etc.

Cette harmonisation apparaît comme un enjeu essentiel pour faciliter l’utilisation des boîtes jaunes et garantir une meilleure lisibilité du dispositif pour l’ensemble des intervenant·es.

 

3. Quelles recommandations formuler concernant le contenu des boîtes jaunes afin de répondre au mieux aux besoins des bénéficiaires et des professionnel·les ?

 

Remarque préalable : le contenu des boîtes jaunes variant d’une commune à l’autre, les professionnel·les se sont appuyé·es, lors de cette rencontre, sur le formulaire actuellement utilisé dans les boîtes distribuées à Etterbeek.

À l’heure actuelle, ce formulaire reprend principalement des renseignements personnels (nom, date de naissance, numéro de téléphone, etc.) ainsi que des informations médicales : traitements en cours, allergies, coordonnées du médecin traitant, de la pharmacie habituelle, etc.

Les échanges ont permis d’identifier plusieurs propositions d’amélioration.

a) Concernant les coordonnées et les personnes de contact

Les participant·es ont proposé d’ajouter les informations suivantes :

    • Les coordonnées d’une personne de contact parmi les proches, les membres de la famille ou le voisinage.
    • Les coordonnées du service social de référence.
    • Les coordonnées de l’administrateur·rice de biens, le cas échéant.
    • Les coordonnées de la personne disposant d’un double des clés du domicile.
    • L’adresse précise du lieu de vie.
    • Une photographie de la personne bénéficiaire, afin de faciliter son identification.

b) Concernant les informations complémentaires utiles à la prise en charge

Plusieurs informations supplémentaires pourraient également être pertinentes :

    • La présence éventuelle d’animaux domestiques au domicile.
    • L’existence d’une déclaration anticipée relative à la fin de vie ou d’un document exprimant le refus de l’acharnement thérapeutique.
    • La présence de services d’aide et de soins à domicile.
    • Les coordonnées ou les noms des structures fréquentées par la personne (centres de jour, services de santé mentale, lieux de liens, etc.).
    • Un espace libre permettant à la personne bénéficiaire d’ajouter toute information qu’elle juge utile à sa prise en charge.

c) Concernant les informations médicales

Le formulaire existant a été jugé relativement concret et adapté à la transmission des informations médicales essentielles. Les participant·es ont néanmoins évoqué la possibilité d’y ajouter un encart consacré aux antécédents cardiovasculaires.

d) Concernant la validation et l’actualisation des informations

Les professionnel·les ont également relevé que le formulaire actuel ne prévoit pas d’espace de signature. Il pourrait être intéressant de prévoir une validation du document par la personne bénéficiaire ainsi que par son médecin généraliste, au moyen de leurs signatures respectives.

e) Concernant la confidentialité et l’articulation avec d’autres dispositifs

Plusieurs questions ont été soulevées concernant le respect de la confidentialité des données, notamment au regard du RGPD et du secret professionnel.

Par ailleurs, d’autres outils complémentaires existent, comme le protocole de disparition destiné aux personnes présentant des troubles cognitifs, notamment de type Alzheimer. La question de l’articulation entre ces deux dispositifs a été soulevée, à l’image de ce qui se pratique à Woluwe-Saint-Lambert.

Toutefois, leur regroupement au sein d’un même formulaire pourrait entraîner un allongement de celui-ci et rendre les informations moins lisibles et moins facilement exploitables par les professionnel·les.

 

Conclusion et perspectives

 

Les boîtes jaunes constituent un outil qui a le mérite d’exister et qui présente un réel intérêt pour faciliter la transmission des informations médicales lors des transitions entre le domicile et l’hôpital. Toutefois, le manque d’harmonisation du dispositif à différents niveaux, ainsi que son déploiement limité à certaines communes, en réduisent considérablement la portée et l’efficacité.

Par ailleurs, dans sa forme actuelle, le dispositif constitue essentiellement un relais pour la transmission d’informations médicales. Or, les échanges ont mis en évidence l’importance de pouvoir également partager des informations à caractère social entre les professionnel·les, afin d’améliorer l’accompagnement des personnes âgées isolées. Ces informations pourraient notamment permettre de mieux préparer les sorties d’hospitalisation en anticipant, dès l’admission, les besoins et les relais nécessaires au retour à domicile.

Une question de fond reste toutefois en suspens : les boîtes jaunes ont-elles vocation à centraliser également ces informations sociales ? Ou convient-il d’envisager un autre outil ou dispositif de transmission, au risque de multiplier les supports et de complexifier davantage les pratiques professionnelles ?

Ces questions n’ont pas trouvé de réponse lors de cette rencontre. L’absence de représentant·es du secteur hospitalier n’a notamment pas permis de confronter les réflexions aux réalités et aux besoins des équipes hospitalières.

 

Le groupe a dès lors convenu de la pertinence d’aller à la rencontre des professionnel·les hospitalier·ères afin de recueillir leur avis sur le dispositif des boîtes jaunes, mais également de mieux comprendre leurs réalités de terrain et d’identifier leurs besoins en matière de transmission d’informations et de liaison avec le secteur ambulatoire.

L’équipe du Bassin Sud-Est entreprendra donc une démarche proactive auprès de certains services hospitaliers, notamment les services sociaux et les hôpitaux de jour gériatriques.

Afin de disposer du temps nécessaire pour mener ces rencontres et approfondir les réflexions, la réunion initialement prévue le 8 décembre a été annulée. Les travaux de la concertation reprendront en 2027.