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Retour sur la Concertation Prévention et Promotion de la santé du 9 septembre

05 Nov

Cette rencontre a réuni 13 professionnel·les du social-santé, principalement issus de centres PMS, autour de la thématique de l’usage des réseaux sociaux chez les jeunes.

 

Constats issus de la rencontre :

 

1. Des impacts délétères sur la santé, la santé mentale et le développement, et ce à un âge de plus en plus précoce

Les professionnel·les présent·es observent des impacts importants des écrans et réseaux sociaux sur les jeunes sur plusieurs dimensions du développement de l’enfant : la santé, la santé mentale, le développement cognitif, le développement psychomoteur…

Les professionnel·es travaillant avec un public de jeunes enfants disent constater chez les enfants qui ont accès aux écrans d’importants retards et/ou lacunes quant à la concentration des enfants, leur capacité à tolérer la frustration, les interactions avec autrui, la motricité fine, et les capacités créatrices. Ils constatent également que la problématique de l’exposition excessive aux écrans apparaît chez des enfants de plus en plus jeunes.

Celle·eux qui travaillent avec des adolescent·es font des constats similaires quant à la capacité de concentration et la tolérance à la frustration, qui leur sont souvent relayés par les équipes enseignantes. Ils constatent également chez les adolescent·es davantage exposé·es aux écrans et aux réseaux sociaux davantage d’anxiété, de sédentarité, et une diminution de l’esprit critique ainsi que de l’empathie.

 

2. Des conséquences négatives sur les relations intimes des jeunes

Les participant·es s’inquiètent de voir les enfants accéder de plus en plus jeunes à des contenus sexuels, voire pornographiques : leur découverte de l’intimité et de la sexualité se fait à la lumière de ces contenus, et non par un apprentissage approprié à chaque âge.

Pour certains jeunes, ces contenus amènent un flou sur ce qui est normal ou acceptable au sein de relations intimes, et il·elles ont alors du mal à identifier et poser leurs limites.

Les jeunes semblent également ne pas assez être sensibilisés sur l’enjeu autour de la question des « nudes », photos intimes de soi partagées par message, et paraissent ne pas avoir conscience des risques de cette pratique. De manière générale, les professionnel·les doutent des capacités des adolescent·es à repérer et gérer les situations potentiellement risquées qu’ils·elles peuvent rencontrer sur les réseaux sociaux.

 

3. La problématique du cyberharcèlement

Le cyberharcèlement est une problématique très présente actuellement en milieu scolaire : les professionnel·les relaient cependant qu’actuellement, les animations autour de ce sujet se font majoritairement en réaction à un incident et non en amont.

Le cyberharcèlement présente, par rapport au harcèlement classique, la particularité qu’il ne s’arrête pas en dehors de l’école.

Il peut être difficile pour les parents de savoir les plateformes à éviter pour limiter le phénomène, car même des plateformes de messagerie « classiques » comme Whatsapp peuvent être utilisées pour du harcèlement en masse.

Les professionnel·les au contact des jeunes se rendent également compte de la pression sociale sur les adolescent·es qui sont témoins du harcèlement et se sentent mal à l’aise vis-à-vis de cette situation, mais n’osent pas intervenir de peur de devenir également cibles. Les adolescent·es ont également du mal à identifier les adultes à qui ils·elles peuvent s’adresser en cas de problème.

 

4. Une difficulté pour les parents de comprendre l’usage du numérique chez leurs enfants et d’y poser des limites

Les professionnel·les constatent que certains parents semblent très perdus par rapport à l’utilisation du numérique chez leurs enfants et ne parviennent pas à poser un cadre. Il y a tout d’abord chez certains parents une vraie méconnaissance des différentes plateformes et des risques associés à chacune.

Plus largement, il y a pour les parents une difficulté à poser des limites, surtout à l’adolescence face à la pression du groupe (crainte d’exclure son enfant des groupes sociaux en limitant son accès aux écrans). Certains parents rencontrent déjà des difficultés pour réguler leur propre usage qui complique la situation : lorsqu’ils sont eux-mêmes dans une consommation excessive des écrans et réseaux sociaux, il est difficile pour eux de mettre une limite à leurs enfants. De manière générale, les participant·es observent une omniprésence des écrans dans la vie familiale avec toutes les tensions que cela peut engendrer.

C’est cette thématique de l’accompagnement parental qui a été choisie par les participant·es comme axe de travail pour les prochaines rencontres, autour de la question suivante : « Comment peut-on, en tant que professionnel·le, outiller et guider les parents pour qu’ils accompagnent leurs enfants vers un usage plus sain du numérique ? »

 

Limites de l’offre actuelle

 

Les participant·es soulignent qu’encore trop souvent, les interventions se font en réaction et non en prévention, particulièrement en ce qui concerne la problématique du cyberharcèlement. Les difficultés ne sont abordées qu’une fois qu’elles se sont exprimées à travers un problème visible par les adultes : difficultés scolaires, tensions familiales, conflits…

Il serait pourtant utile d’intervenir plus tôt, parfois dès la petite enfance, d’où l’intérêt de repérer de manière précoce les enfants présentant des risques de développer des difficultés scolaires, relationnelles ou autres.

L’idéal est toujours de pouvoir intervenir auprès de la cellule familiale, mais les professionnel·les déplorent que les activités organisées dans leurs écoles (des « cafés parents » par exemple), touchent toujours les mêmes familles, alors que certains parents restent difficiles à atteindre.

Les participant·es soulignent également les limites d’une approche moralisatrice envers les parents et les adolescent·es, se limiter à répéter les recommandations n’est pas une stratégie efficace pour changer durablement les comportements au sein des familles. De plus, certaines familles peuvent éprouver des difficultés à accéder matériellement et physiquement à des activités pouvant être une alternative aux écrans pour leurs enfants : il est important de prendre en compte leurs difficultés.

 

Actions à mener

 

1.Faire l’état des lieux de l’existant

    • Cadastres des outils existants
    • Cadastre des initiatives existantes

2. Construire une approche commune de l’accompagnement parental

    • Identifier les connaissances (études, expertise, etc) à présenter aux professionnel·les
    • Développer des messages communs

3. Renforcer la prévention

    • Partage d’outils permettant de repérer/détecter les difficultés

4. Améliorer les relais entre services

    • Identification et présentation de relais possibles pour les différents acteurs

5. Créer des actions communes

 

Perspectives de travail pour les prochaines réunions

 

Ce travail doit être continué pour pouvoir mener à bien les actions citées ci-dessus. Cependant, le modèle actuel de la CT Prévention et Promotion de la santé ne paraît pas comme étant le plus pertinent. Pour 2027, nous souhaiterions lancer un groupe de travail « Ecrans et parentalité » visant à faire travailler de manière concrète les acteurs intéressés par cette thématique.

La Concertation Prévention et Promotion de la santé du 30 novembre sera l’occasion de présenter les jalons du travail de ce GT « Ecrans et parentalité », et de démarrer l’action de cadastrage des outils et initiatives existants. Cette réunion aura lieu de 13h à 15h au GC Op Weule. Pour vous y inscrire, c’est ici !