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Info Prévention Santé : cancer colorectal
27 Fév
Bon à savoir
Le cancer colorectal représente un véritable défi de santé publique en Belgique. Avec presque 8000 nouveaux cas et plus de 2400 décès liés à cette maladie recensés chaque année, il est le 3ème cancer le plus fréquent et la 2ème cause de mortalité par cancer dans notre pays.
Toutefois, le diagnostic précoce, notamment par un test de dépistage, améliore significativement la survie de ce cancer (92,6% de survie à 5 ans au stade I contre 18,4% au stade IV).
En Région bruxelloise, malgré la mise à disposition d’un test de dépistage simple et gratuit, le taux de dépistage reste bas. Cette faible participation augmente le risque de diagnostic tardif, ce qui complique la prise en charge et diminue les chances de survie.
En 2023, seulement 30,2% des personnes issues du groupe cible (50-74 ans) déclaraient avoir bénéficié d’un test de dépistage (Colotest) endéans les deux dernières années. Bien que cela représente une nette augmentation par rapport à 2018 (+10,8%), ce chiffre est clairement inférieur aux recommandations des directives européennes qui préconisent un taux de participation au dépistage supérieur à 65% pour avoir un impact significatif sur le taux de mortalité lié au cancer colorectal dans la population.
Points d’attention pour les professionnel·les
1.Orienter vers les dispositifs existants
Toutes les personnes âgées de 50 à 74 ans, quel que soit leur genre, peuvent bénéficier d’un Colotest tous les 2 ans dans le cadre du programme de dépistage organisé.
Il s’agit d’un examen de laboratoire (iFOBT: immunological Faecal Occult Blood Test) gratuit qui permet de détecter de petites quantités de sang, invisibles à l’œil nu, sur un échantillon de selles.
Une invitation parvient à l’adresse de la personne à ses 50 ans pour récupérer le kit dans une pharmacie en présentant sa carte d’identité. Après avoir réalisé une première fois le dépistage, le kit parvient directement à l’adresse de la personne tous les 2 ans.
Le test se réalise chez soi, par la personne elle-même, suivant le mode d’emploi joint à celui-ci. L’échantillon est ensuite à renvoyer gratuitement par la poste dans l’enveloppe destinée à cet effet dans les 5 jours suivant la réalisation du test. Les résultats du Colotest sont disponibles 2 semaines après réception en laboratoire via www.masante.belgique.be ou via le médecin traitant.
2. Identifier et agir sur les freins au dépistage
En Région bruxelloise, la participation au dépistage organisé du cancer colorectal demeure socialement inégale. Les données belges montrent un gradient socio-économique clair : les personnes à faible niveau d’instruction et à bas revenus participent moins au dépistage.
Les barrières linguistiques et la faible littératie en santé limitent la compréhension des invitations et des modalités pratiques du test immunologique fécal. Des facteurs culturels (tabous liés aux selles, gêne, peur du diagnostic) contribuent également au non-recours. Il est donc nécessaire d’adapter l’information aux représentations et au niveau de compréhension de la personne. Plus largement, ce constat souligne l’importance d’un travail structuré de promotion de la santé visant à renforcer la littératie en santé, en développant les compétences des personnes à accéder, comprendre, évaluer et utiliser l’information pour prendre des décisions éclairées concernant leur santé.
Le rôle du système social-santé est central : la complexité administrative, les communications officielles peu adaptées à certains publics, ou les difficultés d’accès rapide à une coloscopie en cas de test positif freinent la participation. Il importe d’informer clairement sur les étapes suivant le test et d’orienter rapidement vers une coloscopie si nécessaire, mais également d’anticiper certains obstacles pratiques (prise de rendez-vous, transport, démarches administratives, …) afin d’éviter des retards de suivi. La recommandation active du dépistage par le·la médecin généraliste, le·la pharmacie ou tout autre professionnel·le de première ligne est également encouragée.
Enfin, malgré l’assurance maladie obligatoire en Belgique, les personnes en situation administrative précaire ou sans couverture complète rencontrent des obstacles supplémentaires.
Pour bénéficier gratuitement du Colotest en pharmacie, la possession d’un numéro NISS (ou d’un numéro NISS BIS créé par le·la médecin généraliste) est nécessaire.
En cas de réponse positive au test nécessitant des examens complémentaires, tels une coloscopie, ou une prise en charge médicale et psychosociale (dans le cas d’un diagnostic de cancer), le·la médecin est l’interlocuteur·rice de référence.
Les remboursements octroyés dépendront de l’enquête faite par l’assistant·e social·e et de la décision du CPAS compétent. Repérer ces personnes et les orienter vers les dispositifs existants (CPAS, aide médicale urgente) peut limiter les retards diagnostiques et les inégalités de pronostic.
Le non-recours a des conséquences importantes : les personnes socialement défavorisées risquent d’être plus souvent diagnostiquées à un stade avancé, avec un pronostic moins favorable. Cela entraîne également des coûts en santé publique considérables.
3. Prévention en continu
La prévention du cancer colorectal repose en grande partie sur l’adoption d’une hygiène de vie saine, incluant une alimentation équilibrée et une activité physique régulière. Un mode de vie sain augmente les chances de vivre longtemps et en bonne santé, même s’il ne constitue pas une garantie absolue contre le développement d’un cancer.
Il est ainsi recommandé de limiter la consommation d’alcool à un verre par jour maximum, en prévoyant plusieurs jours par semaine sans alcool. L’abstinence reste l’option la plus bénéfique pour la santé. Il est également conseillé d’éviter le surpoids, de pratiquer chaque jour 30 à 60 minutes d’activité physique d’intensité modérée à élevée, d’adopter une alimentation riche en fruits et légumes, pauvre en graisses animales et en aliments ultra-transformés, de limiter la consommation de viandes rouges et de charcuteries, et enfin de ne pas fumer.